Pourquoi il n'y a pas de vitamine D dans base One
Trois raisons de formulation, une seule logique : chaque molécule présente doit être assimilable.
Une multivitamine complète qui écarte la vitamine D surprend au premier regard, et la question mérite une réponse entière. Cette molécule occupe une position singulière parmi les micronutriments : un précurseur hormonal liposoluble dont le besoin varie d'un individu à l'autre dans un rapport considérable. La réponse tient dans trois faits convergents : le statut hormonal impose un dosage individuel guidé par l'analyse sanguine, la nature liposoluble impose un vecteur gras qu'une poudre à dissoudre dans l'eau ne fournit pas, et la saisonnalité impose une modulation qu'une dose fixe ignore.
- La vitamine D agit en précurseur hormonal : elle régule plusieurs centaines de gènes via le récepteur nucléaire VDR.
- En Suisse, la synthèse cutanée cesse d'octobre à mars, quelle que soit la durée d'exposition.
- La bonne dose est individuelle : mesurer la 25-hydroxyvitamine D d'abord, puis ajuster avec un praticien formé.
- Liposoluble, la D3 se prend en gélule huileuse avec le repas le plus gras, pas dans une poudre aqueuse.
La vitamine D n'est pas un nutriment comme les autres
Son trajet dans l'organisme suit une chaîne en trois temps. La peau exposée aux ultraviolets B convertit le 7-déhydrocholestérol en cholécalciférol. Le foie procède ensuite à une première hydroxylation par l'enzyme CYP2R1 et produit la 25-hydroxyvitamine D, également nommée calcifédiol, forme de stockage et de transport qui constitue le marqueur sanguin de référence. Le rein réalise enfin la seconde hydroxylation par la CYP27B1 et produit la 1,25-dihydroxyvitamine D, le calcitriol, forme biologiquement active.
Le calcitriol se lie au récepteur VDR, un récepteur nucléaire présent dans la quasi-totalité des tissus humains. Ce complexe se dimérise avec le récepteur RXR, se fixe sur l'ADN et régule la transcription de plusieurs centaines de gènes (Carlberg & Campbell, 2013). Une molécule qui agit par voie nucléaire sur l'expression du génome relève d'une logique hormonale, avec une régulation fine et un besoin qui appartient à chaque individu. Cette caractéristique commande tout le raisonnement qui suit.
Carence en vitamine D : pourquoi elle est si fréquente en Suisse
La Suisse se situe entre 46 et 47 degrés de latitude nord. À cette position, l'angle zénithal du soleil devient insuffisant d'octobre à mars pour que les ultraviolets B atteignent la surface terrestre en quantité utile. La synthèse cutanée cesse pendant six mois, quelle que soit la durée d'exposition.
D'autres facteurs se superposent à la latitude. Le temps passé à l'intérieur réduit l'exposition estivale elle-même. La masse grasse séquestre la vitamine D, molécule liposoluble, et diminue sa disponibilité circulante. Les phototypes foncés produisent une quantité moindre à durée d'exposition égale, la mélanine absorbant les ultraviolets. L'âge intervient également : la teneur cutanée en 7-déhydrocholestérol diminue de manière marquée après 65 ans. La Commission fédérale de l'alimentation a documenté cette situation dans son rapport consacré à la vitamine D, et les données de l'étude CoLaus menée à Lausanne confirment l'ampleur du phénomène dans la population suisse.
D2 ou D3 : deux molécules distinctes
L'ergocalciférol, la D2, provient de l'ergostérol des levures, des champignons et des végétaux soumis aux ultraviolets. Le cholécalciférol, la D3, provient du 7-déhydrocholestérol ; les vertébrés le synthétisent dans leur peau. Les deux molécules empruntent la même voie d'hydroxylation jusqu'au calcitriol, et leur innocuité est établie pour l'une comme pour l'autre. La différence apparaît à l'arrivée, dans l'amplitude et la durée de l'élévation du calcifédiol sanguin. Armas et collaborateurs (2004) ont mesuré une puissance nettement supérieure de la D3 sur ce paramètre. Houghton et Vieth (2006) ont documenté l'affinité supérieure du cholécalciférol pour la protéine de transport DBP, avec une clairance plus lente et une demi-vie prolongée. La méta-analyse de Tripkovic et collaborateurs (2012) a confirmé la supériorité de la D3 sur la D2 dans l'élévation du statut sanguin. La machinerie métabolique humaine s'est ajustée sur cette forme au fil des millénaires : c'est ce qui justifie de recommander la D3, dans toutes les configurations alimentaires.
La vitamine D3 accessible aux végans
Deux voies rendent le cholécalciférol disponible sans recours à la lanoline de laine de mouton. Le lichen boréal, notamment Cladonia rangiferina, organisme issu de la symbiose d'un champignon et d'une algue, contient du 7-déhydrocholestérol converti en cholécalciférol par exposition aux ultraviolets : une D3 authentique d'origine végétale, avec une traçabilité complète et un rendement d'extraction désormais industriel. La synthèse par voie enzymatique et irradiation contrôlée produit pour sa part un cholécalciférol de haute pureté, chimiquement identique à celui que fabrique la peau humaine. Une molécule identique se comporte de manière identique dans l'organisme. Le choix végan s'accompagne donc d'un accès complet à la D3.
Pourquoi une dose unique pour tous n'aurait pas de sens
Voici le cœur de la question, et la raison principale de l'absence dans base One. Le besoin en vitamine D dépend d'une série de déterminants qui varient fortement d'une personne à l'autre : le taux sanguin de départ, le poids corporel, la masse grasse, la saison en cours, la latitude de résidence, le phototype cutané, l'âge, les polymorphismes des gènes VDR et CYP2R1, ainsi que les traitements associés. La quantité nécessaire à un homme de 100 kg au mois de février diffère par un facteur important de celle qui convient à une femme de 55 kg au mois de juillet.
La démarche cohérente consiste à mesurer, puis à ajuster. Le dosage de la 25-hydroxyvitamine D constitue le marqueur pertinent, avec une mesure de départ, une réévaluation à trois mois de supplémentation et un contrôle de la calcémie. Le Professeur Vincenzo Castronovo, pionnier de la médecine fonctionnelle et fondateur du Laboratoire de Recherche sur les Métastases de l'Université de Liège, situe la cible idéale au-delà de 60 ng/mL et rappelle que la Mayo Clinic propose une fourchette allant de 50 à 100 ng/mL, ce qui place la majorité de la population en dessous du niveau optimal. Il souligne également qu'un taux de 25 ng/mL, considéré comme suffisant pour prévenir le rachitisme, reste insuffisant pour assurer une fonction immunitaire optimale, laquelle demanderait 50 ng/mL selon de nombreux experts en micronutrition.
La pratique orthomoléculaire de terrain conduit à des cibles supérieures. Les applications thérapeutiques observées en consultation situent l'intervalle utile entre 80 et 100 ng/mL, soit 200 à 250 nmol/L. Cette fourchette procède de l'observation clinique accumulée ; des travaux sont en cours sur ce point et leurs résultats restent à paraître. Elle se construit sous contrôle analytique, avec un accompagnement par un praticien formé à la lecture de ces bilans.
Comment bien prendre sa vitamine D à côté de base One
La nature liposoluble de la molécule commande son mode de prise. Son absorption intestinale emprunte la voie des micelles biliaires, celle qu'utilisent les lipides alimentaires. En l'absence de matières grasses dans le repas, la formation micellaire reste limitée et la fraction absorbée diminue d'autant. Dawson-Hughes et collaborateurs (2015) ont mesuré une élévation substantielle de l'absorption lors d'une prise accompagnée d'un repas contenant des lipides. Les vecteurs pertinents relèvent des bonnes graisses : huile d'olive vierge, oléagineux, poissons gras, jaune d'œuf. Le format qui convient suit la même logique : gélule huileuse, capsule molle ou solution huileuse en gouttes, avec le repas le plus gras de la journée.
Cette exigence explique directement l'absence de vitamine D dans base One. La formule se présente en poudre isotonique à dissoudre dans un verre d'eau, milieu aqueux qui ne fournit aucun vecteur lipidique. Une D3 incorporée à cette matrice verrait son absorption dépendre entièrement du contenu du repas concomitant, avec une variabilité que rien ne maîtrise. Inscrire une molécule sur une étiquette suppose de garantir son entrée dans l'organisme. Le raisonnement s'étend aux autres liposolubles : les oméga 3 et la vitamine K2 sous forme MK-7 relèvent du même principe et se prennent selon les mêmes modalités, en complément logique de l'apport hydrosoluble quotidien.
Le parallèle avec le fer : ce qu'on ne met pas, et pourquoi
base One écarte également le fer et le cuivre. La raison tient à la compétition d'absorption au niveau du transporteur intestinal DMT1, que ces deux minéraux partagent avec le zinc (voir les antagonismes vitamines et minéraux). Leur présence simultanée dans une même prise produirait une inhibition mutuelle et réduirait l'efficacité de l'ensemble. La formule agit par voie indirecte : la vitamine C à 580 mg et le bêta-carotène soutiennent l'absorption du fer alimentaire non héminique. Trois absences, trois raisons documentées, une même règle de formulation. Chaque molécule retenue doit être assimilable dans la matrice choisie et compatible avec ses voisines. Ce qui figure sur l'étiquette de base One y figure parce que la biochimie le permet, et la transparence sur les absences constitue la meilleure garantie de la valeur des présences.
FAQ
Quand prendre la vitamine D ?
Avec le repas contenant le plus de matières grasses, à l'heure qui convient à chacun. La régularité de la prise pendant la période allant d'octobre à mars constitue le paramètre déterminant sous nos latitudes.
Vitamine D3 ou D2 ?
La D3, cholécalciférol, élève le taux sanguin de manière plus ample et plus durable. Elle existe en version végétale issue du lichen boréal, accessible aux régimes végans.
Quel taux de vitamine D viser dans le sang ?
Le marqueur à demander est la vitamine D 25-OH. La cible se définit avec un praticien formé en micronutrition, sur la base du dosage de départ et du contexte individuel.
David Giovenco · Chercheur en Micronutrition · Président, Académie Internationale Francophone de Médecine Orthomoléculaire et Intégrative · Fondateur & Formulateur nuho
Sources
Armas 2004 · Houghton & Vieth 2006 · Tripkovic 2012 (méta-analyse) · Carlberg & Campbell 2013 · Dawson-Hughes 2015 · Commission fédérale de l'alimentation 2012 (OSAV) · Étude CoLaus, Lausanne · Castronovo V., entretien M. Kaplan (2019), podcast Symp, LIMS (2025).